Normalement c’est le capitaine qui est sensé recoudre avec son matériel, sauf que là ce fut lui le patient !!!
J’ai récupéré mon malade sous un cocotier, posé sur son matériel de kite…,puis nous sommes revenus au bateau. Ce qui s’est passé avant, Marius vous racontera, de mon côté je faisais un petit ravitaillement.
Après avoir examiné sa plaie, le capitaine m’a donné une leçon de couture sur un citron. La deuxième étape fut de transformer le carré intérieur en salle de bloc, de nous équiper comme chirurgien et assistant (Marius) le plus stérilement, Gaston étant l‘infirmier et caméraman de salle et puis de faire taire Hector pour pouvoir se concentrer un peu (lui devait récupérer les compresses de la salle, essuyer tout ce qui coulait au sol).
Il eu un moment délicat, ce fut lorsque j’ai annoncé voir la boite crânienne, n’étant pas sure de voir ce que je voyais, mais Philippe a confirmé : “c’est très probable,il n’y a pas beaucoup d’épaisseur avant le crâne” là, Gaston a versé une larme puis a repris le dessus pour filmer, mais surtout mon assistant commençait à se sentir mal, heureusement il ne s’est pas évanoui (ni ouvert le crâne). Il faut dire, même si nous étions très proche des conditions de bloc température de la salle :33°, vent extérieur 17 nœuds, rafales 20, un bon petit clapot et roulis dans le bateau, l’odeur du sang nous a un peu dérangé.
Pour l’anesthésie ,j’ai du m’y prendre à deux fois, j’aurais bien aimé avoir des bulles de Mathilde et Jacques ou du rhum pour assommer mon malade(mais ils ont tout bu au Testigos entre eux et les douaniers a soudoyer pour rester une semaine). Finalement ,une fois endormi (pas d’aiguille SC, elles sont toutes passées pour les épines d’oursins et cactus, mais une aiguille style trocart !) nous avons commencé à recoudre, sauf que je n’avais pas assez de fil, nous avons du récupérer le fil du citron pour avoir la dernière aiguille courbe !!!( tout dans les règles de l’aseptie, bien sur).Marius a voulu se lancer dans le derniers point avec brio.
Au final , neuf points, nous n’avons pas fais une forme de K, le mot qui ne se prononce plus sur le bateau, mais avons essayé de suivre la ligne de la plaie. Entre le moment de la leçon et l’intervention ça nous a pris un peu plus d’une heure ! quand je pense que Philippe rentre du bloc certain soir à 23h, j’espère qu’en une journée de 15h il a recousu plus de 15x9 points, sans parler de l’opération par elle même, car autrement la clinique va avoir du souci de rentabilité.
Je vous promets Mamichelle de vous rapporter votre fils à peu près en état, juste balafré, mais j’avoue qu’avec ma brochette d’homme c’est pas simple tous les jours ,je dois gérer un paquet d’hormones !!! donc je vais resserrer mon “autorité, vigilance….. “ sur leurs pratiques multiples et variées.
Je crois qu’avec mon métier d’infirmière j’ai été plus utile pour Philippe que l’inverse. En Guyane lorsqu’il s’est fait attaquer par des mouches à feu, au milieu de la forêt amazonienne j’ai du lui faire une IV de corticoïdes car il faisait un œdème de Quick mais là le sol ne bougeait pas ! C’est un patient pas désagréable et s’adapte à toutes les situations, un bon cobaye pour ses enfants (les vaccins, maintenant les points de sutures).
La vidéo va suivre
Bises à tous
Pat