dimanche 23 juin 2013

Journal de bord du captain

Mardi 18 juin : l’appel du large

Nous quittons notre joli mouillage des saintes vers 14 h et abandonnons nos amis de Condor, catamaran de 12 m.  Nous nous retrouvons régulièrement depuis St Kitts.

Une dernière baignade avec les dauphins, mais ils suspectent notre départ et nous snobent un peu.

Ce n’est pas que les conditions soient parfaites, mais elles seront pires les jours suivants. 20 nœuds de vent d’Est, rafales à 25 , un peu pire sous les grains d’après l’incontournable gourou.(windguru = prévisions sur internet du vent, vagues, couverture nuageuse, diablement précis)

C’est exactement ce que nous rencontrons. World est bien toilé , avec deux ris dans la grand voile, le gênois enroulé jusqu’au 2ème ris, qu’on déroule dans les “molles” et qu’on enroule un peu plus dans les “surventes” et son petit artimon pour équilibrer tout ça.

La mer est bien déchainée juste pour se dégager des Saintes. Même si ensuite, cela se calme , cela suffit pour rendre une partie de l’équipage moins loquace, voire à la limite de la dépression mélancolique. Un monocoque à toujours une fâcheuse tendance à giter à 45 degrés. Le capitaine évite les blagues vaseuses dans ces moments là et descend ranger à l’intérieur tout ce qui valse . Même s’ils ont été calés avant le départ, les plateaux de fruits, livres, trousses ouvertes adorent visiter le carré. Et puis ceux qu’on attendait moins : contenu du four ou du frigo, la porte ouverte par une vague plus violente.

Les grains se succèdent mais la navigation devient presque agréable (pour moi) car, enfin, nous ne devons plus serrer le vent au maximum mais remonter à 60 ou 70 degrés du vent. Cela s’appelle le “bon plein”, une allure entre le près et le travers (reaching pour les anglosaxons). C’est beaucoup plus confortable que le près, les vagues tapent et freinent moins le bateau, la vitesse augmente à la satisfaction de tous.

A seize heures nous mouillons devant Porthsmouth, au Nord de la Dominique. Nous sommes sur les traces d’une croisière entre Martinique et Guadeloupe réalisée une quinzaine d’années auparavant, avec Maman, Sylvie, Nicolas, Denis et Cathy. Nous venions de traverser l’Atlantique avec Pat . Nous avions adoré la Dominique.

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Visite du village, achat de poisson (notre ligne a encore cassé sur une prise énorme) et retour au bateau avant la nuit

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Mercredi 19 juin Clearance, essence, bricolage pour moi; devoirs pour les enfants puis visite de la rivière indienne.

Jeudi 20 juin : Visite des Milton falls . Le bonheur de la Dominique . En se baladant, tendre le bras pour cueillir les citrons verts pour le ti-punch du soir (ou la citronnade), des pamplemousses ou des oranges (malheureusement pas mures), ramasser du gingembre. Se baigner dans une cascade qui décoiffe. Accès un peu délicat en remontant la rivière sur des roches bien glissantes mais l’année prochaine, accès par un joli chemin touristique avec ponts suspendus et tout. J’ai un doute, le tourisme ne semble pas avoir connu un véritable essor depuis 15 ans.

Les grains, encore les grains. on lève l’ancre cap au sud. Arrivée à la nuit devant Roseau, la capitale.

Vendredi 21 juin : Solstice d’été, fête de la musique

Mouillés devant l’Anchorage hotel. La nuit a été rouleuse. Grains et regrains . Y’en a marre. Il nous faut soit descendre au Sud , soit s’ancrer au vent des îles pour retrouver le beau temps. Si nous restons sous le vent d’îles montagneuses qui accrochent les nuages, nous continuerons à prendre la douche. Bon pour mon récupérateur d’eau (6 litres par nuit) mais pas pour la beauté du voyage.

Nous levons l’ancre dès aujourd’hui alors que nous avions prévu de visiter plus longuement la Dominique.

Traversée vers la Martinique. Cette fois nous sommes carrément vent de travers, toutes voiles hautes. Que du bon. J’en oublie de réduire la voilure sous un grain. Le bateau se couche un peu. Plan B : il suffit d’abattre en grand, c’est à dire en ce qui nous concerne de tourner la barre à droite. Le vent venant de gauche, nous nous retrouvons vent arrière. Nous filons à plus de 7 nœuds, peu de bruit, grand confort. Mais en direction du Nicaragua. Quand le grain est passé, nous reprenons notre route vers la Martinique. Grand soleil, la montagne pelée est même dégagée. Un stop à Saint Pierre se discute. Nous n’en avons pas un souvenir ému. Ville morte, mouillage rouleur, et peut être zouk à fond toute la nuit ?  On s’arrêtera juste pour la nuit.

saint pierre saint pierre cathe

Samedi 22 juin

Mouillage calme, ville charmante. Marché coloré. Jus de fruits frais incontournables chez Mr KAÎ .  Visite à la rhumerie Depaz , au centre de découverte des sciences de la terre (CDST). Film captivant sur les volcans caraïbes et la montagne pelée en particulier.
Le concert de zouk endiablé ressemblait plutôt au bal du village qui a du mal à démarrer.

marché de st pierre IMG_1495

cyparis entrée de prison

esclavage 2 esclavage 1

IMG_1535 depaz

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Nous restons toute la journée et une nuit de plus à St Pierre. C’est la magie du voyage pas pressé.

Dimanche 23 juin

Départ pour le Sud, direction Fort de France. Une petite pensée pour tous en métropole. C’est dimanche soir et veille de la reprise de la semaine. Mais bon c’est quand même un dimanche soir de grande soirée d’été , avec les vacances qui approchent, c’est pas un dimanche soir d’octobre.

Ici, nous venons de dépasser la moitié de notre temps de voyage. C’est la consternation sur le bateau. Nous ne nous en sommes même pas aperçu. Les jours nous filent entre les doigts.

Clin d’oeil

cobra

samedi 22 juin 2013

Dernière ligne droite pour l'école

Nous sommes en train de finir les programmes et comme en histoire nous retrouvons les mêmes sujets pour Marius et Gaston : reproduction, sexualité, puberté et protection. Le maître de Gaston m'a envoyé ses cours en précisant qu'il avait pris 4 séances, avec comme note : impératif de connaître les leçons avant d'aller à la plage ... Pani problėme

Pour compléter les cours j'ai investi dans des supports primordiaux (surtout avec trois garçons) et des éléments périodiques .

Les cours ont été très animés, beaucoup de questions, nous avons même élargis sur les GEU, les fausses couches, les jumeaux . Gaston qui a l'esprit pratique trouve que d'être une fille c'est pas drôle tous les mois!

Et après avoir regardé un vieux James Bond, j'ai du complété les cours : Dans les nouveaux films, James n'a qu'une seule conquête.....la réflexion de Gaston : c'est parce que ça coûte trop cher en pilules et préservatifs...du coup, j'ai rajouté une leçon sur comment ça se passe au cinéma, l'image des acteurs sur les spectateurs, et bien sur reparlé du sida.

De son côté Hector écoute, pose des questions comme :"mais ça sert à quoi alors les poils des sourcils ?" n'ayant pas vraiment réflèchis à la question, ma réponse fut succincte : c'est les restes des hommes préhistoriques et pour la déco !

Depuis notre arrivée en Dominique, et la visite de Plysmouth, les enfants voient beaucoup de pauvreté, des maisons en bois ( cabanes), les gens viennent prendre l'eau dans un robinet dans la rue....c'est à la fin de la balade que Hector a découvert que même en France nous payons l'eau à la maison ( et deux fois par an!) Depuis que nous vivons sur le bateau, nous faisons une vrai chasse aux enfants pour économiser l'eau, au port nous bidonnons avec nos bouteilles de 5 litres en plus du réservoir, sur Anegada Philippe et les enfants ont fait une mission commando à la tombée de la nuit ( ce qui a mis beaucoup de piment dans les cahiers de bord) car impossible de faire de l eau avec notre dessalinisateur , ou nous étions l'eau était trop trouble, nous devions aussi préserver notre moteur et pas de marina. Heureusement Philippe nous a concocté un récupérateur d'eau ( il a abandonné son parapluie) qui nous sert aussi de par soleil, par pluie à la place de la bâche en plastique ( casse pied à mettre). Pour l'instant la récolte se mesure au demi seau la nuit.

Aujourd'hui nous partons faire une visite de l'intérieur de l'île avec un guide, au retour, les enfants veulent absolument que je leur fasse sentir l'odeur du cannabis, c'est pour clôturer la leçon du système nerveux de Marius avec les effets de l'alcool et des drogues. C'est assez facile en Dominique, c'est un peu sentir le poulet boucané dans les rues de Guadeloupe !

Bon voilà des dossiers biens complets, nous apporterons des compléments avec les années à venir et surtout au fil du vent .

Je vous laisse, les enfants se réveillent, et ce matin c'est pan de cakes...

Bises Pat

là ce sont des très belles maisons et confortables




La cascade

Nous étions près et pile à temps le taxi boat est arrivé, il nous a pris et nous a amenés vers Charlie (une personne que l'on avait rencontrée la veille alors qu'on achetait du poisson) mais nous avons été pris sous la charge d Alic qui nous a guidé et nous a montré toutes sortes de choses : des bananes, des avocats, des citrons, des pamplemousses, des oiseaux, des plantes et même des cabosses de chocolat !



Nous sommes arrivés à la cascade, elle sortait de la roche.



nous nous sommes baignés dans l'eau à 16° qui paressait très froide à cause de la chaleur extérieure.





Pour répondre sur la profondeur de l'épave des Saintes : 7 mètres dans le passage de la cabine 13 mètres pour l'hélice

Gaston

arbre à cannel

avocatier


cabosse de chocolat

cascade

citronnier Alik et Hector

nous sentons les feuilles de citronnier


cabosse

notre récolte

la riviere




mercredi 19 juin 2013

Loukoum et local attitude en Dominique

Voici un petit récit de notre passage dans la rivière indienne avec Albert, notre guide inoubliable!!

Nous sommes partis avec son bateau ou plutôt sa barque de pêcheur dans un décor de forêt amazonienne avec le fleuve et les piranhas qui attendent que l'on pose le doigt dans l'eau pour arracher la main. Notre guide s'appelle Albert, il nous a tout expliqué sur la faune et la flore de la forêt. Mais aussi comment arriver à ramer en dormant. Apparemment nous avons marché sur les pas de Jacks Sparrow qui a tournée le film pirates des caraïbes 2 dans le même fleuve là où il est avec la sorcière Calypso dans sa petite cabane. Hector n'a pas cessé de parler ou plus exactement de crier à chaque fois qu'il voyait un crabe sortir le bout de sa tête, le cauchemar. En même temps, Albert a commencé à rentrer dans les arbres sans s'en rendre compte, il a sombré dans le sommeil. C'était comique, nous n'osions rien dire et tous les trois coups de rame il s'endormait. Bref, maman a compris pourquoi il disait qu'il prenait plus de temps que les autres guides "pour voir les oiseaux". Après qu'il est fini sont "petit" somme, il nous a fait gouter du lait et de la chair de noix de coco. On se croyait perdu au fin fond de la forêt amazonienne. C'était super. Je garderait toujours cette image de notre guide endormis qui est à la limite de se casser la figure parterre.

 
Marius

 

 

 

mardi 18 juin 2013

Journal du captain ; ouille le retard ; au moins il sera moins bavard

Je crois que la dernière fois que j’ai mis un mot, nous étions encore à st Kitts.
Le sud de l’île est étonnant , grandes collines verdoyantes descendant jusqu’à la mer, l’Ecosse avec le mer à 28 degrés. Un immense lac intérieur. Un projet de création d’une immense marina en reliant ce lac à la mer par un chenal. Affaire à suivre.

Nous essayons de kiter dans ce lagon avec Geoffray du bateau Condor, croyant avoir découvert The spot. Le vent se révèle trop instable au centre de ces collines.

st Kitts future marina

Poissonnerie ambulante : pecheur 2_640x480

Le mardi 4 juin, nous relions Nevis , séparée de ST Kitts par une passe de 2 à 3 milles , The Narrows. Le lendemain , belle visite commentée de l’île avec Mr Sergeant. Nevis est associée à St Kitts mais toutes deux sont indépendantes.

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Belles plages, beaux hotels, golfs qui contrastent avec l’aspect plus modeste de la capitale,

Charlestown. nevis_640x480 Et ses singes joueurs, importés selon la légende par les pirates Français, maintenant deux fois plus nombreux que ses habitants. Ne pas les écraser quand ils traversent la route.

Monkeys crossing IMG_0451

Vendredi 7 juin
Traversée Nevis Montserrat. Au près-bon plein. Gîte importante mais navigation agréable. Sous le vent de l’île, le moteur est démarré et cale après quelques minutes. Ca devient lassant.
Clearance à Little bay car nous comptons visiter l’île, l’ïle d’Emeraude dont la capitale, Plymouth, est ensevelie sous les cendres depuis 1996. IMG_0457

Gens adorables mais paysages de little bay pas très attirants. Le bureau de l’immigration : 

IMG_0453Nous renoncerons finalement à visiter l’île d’autant plus qu’une accalmie se dessine pour le lendemain; nous allons en profiter pour rejoindre la Guadeloupe.

Rencontre avec le 1er ministre de l’ïle (the premier)IMG_0456 et son équipe sympathique. Ils comptent rebatir la capitale au Nord de l’île, un port en eaux profondes ici, une marina là; leur enthousiasme fait plaisir.

Samedi 8 juin

Accalmie du vent mais pas des vagues. Nous essayons de nous dégager au moteur de Montserrat.volcan_640x480

Nous la verrons longtemps avec ses belles fumerolles. Mais cela ne fait pas vraiment notre affaire. Heureusement, vent et mer se calment. Et du coup, sans moteur, nous bouchonnons.

Seule solution, récupérer du gasoil à la sortie du réservoir, le filtrer, le verser dans la nourrice de secours. Cela nous permet de nous rapprocher de la Guadeloupe. Après quelques heures de ce manège, le vent revient. Ouf ! En tous cas, il est temps de faire des travaux sérieux pour se débarrasser de ce problème. D’autant plus qu’une patte de l’alternateur principale vient de se déssouder; nous ne pouvons plus produire notre électricité.

Dimanche 9 juin au vendredi 14 juin : Guadeloupe, Marina de Rivière sens.
Temps exécrable, sous la douche du volcan de la Soufrière.
Un certain matin, World se retrouve avec son réservoir ouvert, un alternateur  en rade et un soudeur qui ne vient pas, le système de refroidissement en pièces détachées pour nettoyage. Et je me demande quand nous repartirons. Heureusement Christian et Marie Ange nous fournissent matériel et soutien logistique, Christian emmène les enfants en ballade, André a expédié toutes les pièces par la poste. Je ferai un article séparé sur le nettoyage d’une cuve à gasoil car ce peut être intéressant pour ceux qui rencontrent la même galère.

Vendredi 14 juin au mardi 18 juin : escale aux Saintes avec nos amis les dauphins.

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On s’y sent bien, aux saintes. Il faut pourtant s’extirper de cette douceur pour que l’aventure continue, cap au sud. Loin des cyclones.

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