Le samedi 25 mai, nous quittons à regrets notre abri paradisiaque de Bitter End et son Saba rock cafe. Pas pour aller très loin. Necker Island à 5 milles. L'ensemble est assez réussi avec l'île juste de la bonne taille, des plages aux quatre points cardinaux, la ceinture de corail et le lagon, la batisse de bonne taille qui domine le tout, la maison sur la plage pour les amis et pour faire la fête. L'ilôt de sable blanc au bout de la barrière de corail. Mais là, nous ne vous mentirons pas plus longtemps, les trois palmiers de carte postale sont FAUX.
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| Pomato point |
Rapide coup de kite le dimanche matin dans le lagon de Richard avant de lever l'ancre pour Anegada, à l'extrême Est de l'archipel des BVI. 15 milles couverts en deux heures. Comme quoi la navigation de plaisance peut parfois être... plaisante.
Mouillage à Pomato Point après un petit slalom-patates. Seuls au monde. Les flottes de bateaux de loc vont s'entasser à Setting Point. Il faut avouer que Pomato,c'est un peu mort.
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| Lobloly bay |
Trois jours de visite d'Anegada. Le matin, pendant que les poulets font leurs devoirs, je pars en repérage, en annexe ou sur mon vélo pliant.
No stress; plages de rêve, à l'est, côté océan, protégées par une immense barrière où la faune abonde; la rengaine habituelle. Cow wreck beach. Sûr qu'on ne kitera pas dans de tels lagons avant longtemps, évitant une tortue, faisant fuir une raie.
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| Cherchez l'erreur; la garantie décennale va t'elle marcher ? |
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Reconnaissance en vélo
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| La poste d'Anegada ! |
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| Les vaches communes. Une petite faim? on tue une vache et on se la partage. |
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| Les clubs de plongée ont fermé. Les seules épaves que nous verrons... |
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| Cow wreck beach |
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| La cité interdite, en sable. |

Les prévisions de Windguru promettent un très leger infléchissement des alizés au Nord pour le mercredi 29. Disons qu'au lieu de venir du plein Est, ils viendront du 75 d°. C'est peut être la fenêtre à ne pas rater. On nous l'a suffisamment répété : Aller aux BVI, c'est facile; en revenir, c'est une autre histoire.
Mercredi 11h, nous voilà partis. Grand voile à un ris, artimon, trinquette et gênois à 2 ris. Le vent promet d'être costaud. Cela nous permettra d'ajuster facilement la voilure pendant la nuit. Encore à l'abri de l'immense barrière d'Anegada, on comprend vite que ça ne va pas être de la tarte. On ne rejoindra probablement pas SABA, à 100 milles dans l'Est-Sud-Est sur un seul bord. La mer est hachée, désagréable. Elle s'assagira probablement lorsque nous quitterons le plateau des BVI pour retrouver des grandes profondeurs. En fait ce sera pire. Nous passons la nuit à lutter contre le vent et les vagues. Dès que le bateau parvient à se lancer et à atteindre la vitesse supersonique de 4 noeuds (7km/h), il se vautre dans trois vagues successives qui divisent sa vitesse par deux. Cela s'appelle "planter des pieux". Genre retour de Corse contre le Mistral. Ceux qui pratiquent la plaisance connaissent cette profonde envie d'être ailleurs, de ne plus jamais se retrouver dans la même situation, ces serments d'abandonner définitivement ce moyen de transport archaïque.
Evidemment, avec la nuit, le vent augmente, jusqu'à 25 noeuds soit force 5 Beaufort, les vagues aussi. Pas la vitesse. Bateau couché, vacarme; pas moyen de fermer l'oeil. Tant que rien ne casse, ce n'est que désagréable. Il ne faut pas commencer à cogiter sur une avarie malvenue.
Saba visible dans la matinée du jeudi 30. Ressemble à s'y méprendre et aussi désirable qu'un mystere à la vanille. (Nous n'avons rien mangé depuis 24 heures). Avec ses neuf cent mètres d'altitude, cet ancien volcan est le sommet incontesté des Pays Bas, département d'outre mer Hollandais.
Approche à la vitesse d'un escargot; il faut maintenant tirer des bords. Le vent, les vagues, le courant nous repoussent. Nous ne remontons qu'à 60 degrés du vent. Ce bateau est un fer à repasser. Moteur pour essayer d'arriver plus vite. Nous lâche après 10 minutes. Débouchage, pompage, purge...
Ce mystère à la vanille n'a pas d'abri naturel. Nous comptons beaucoup sur une petite marina située au Sud. Nous permettra de nous réconforter dans un petit retaurant d'un des villages accroché aux pentes, incontournable d'après notre guide. D'organiser des plongées sous marines, l'ascension du pic. A Anguila, un marin m'a dit que les bateaux s'arrêtent si rarement à Saba qu'ils se mettent en quatre pour les accueillir.
A quinze heures nous dépassons enfin une maigre jetée et goûtons au calme. Seule voisine, la vedette des douanes qui se balance doucement. Comme on aime. Un gars du port vient à notre rencontre pour nous expliquer que nous ne pouvons pas rester là. Inflexible et désagréable. Amarrage possible sur une bouée, à l'extérieur, où les bateaux bondissent sur les vagues. Le moteur cale.
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| Diesel blues suite |
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| Statia |
Dégoutés, nous mettons le cap sur l'ïle suivante, Statia. Heureusement distante de seulement 15 milles. Mais à nouveau vent dans le nez, bateau couché, ventre vide.
A 21 heures, dans la nuit noire, nous jetons enfin l'ancre devant Orangenstadt, capitale de Statia. Et mangeons sur le bateau les meilleures pâtes du monde.
Vendredi 31 mai
Visite de Statia ou St Eustache. Très riche autrefois, très calme aujourd'hui. Clearance, ascension du Quill, qui est quand même le deuxième sommet des Pays Bas. Il faut bien se consoler.
Samedi 1er juin
Plongée pour Pat et cours de plongée sous marine pour Marius et Gaston. Une heure de cours théorique en Anglais, puis une heure d'exercices à 2 mètres puis 45 minutes de plongée jusqu'à quinze mètres. Ils sont ravis. Ray, leur instructeur est vraiment sympathique, comme tout le monde sur cette île.
Départ à quinze heures pour Saint Kitts. Vingt cinq milles à couvrir pour rejoindre Basse Terre, port d'entrée. Jolie navigation entre les deux ïles, puis l'axiome selon lequel tout voilier reçoit le vent en plein dans le pif s'applique et nous voici à planter des pieux pendant trois heures. Miracle, le moteur tient. Mouillage dans la nuit noire, entre bouées, jetées et quai. Merci l'Ipad et l'application InavX.
Dimanche 2 juin
Clearance à Basse Terre. Après les îles Hollandaises, nous voici à nouveau dans une île "anglaise". Douanier encore plus désagréable que la moyenne. Doit avoir à peine 20 ans. N'arrête même pas son film quand je remplis les formulaires. "La ferme se rebelle". Je lui demande si c'est un bon film. Et puis je n'insiste pas, c'est quand même lui qui a l'uniforme et moi le maillot de bain sans holster. Trente dollars EC. Au moins, ce n'est pas trop cher. La dame de l'immigration n'est pas là; il faudrait que j'aille à l'aéroport pour faire mon entrée. oui oui réponds-je. Ah et il faut passer en face au bureau du port. Ah bon, c'est nouveau. Mais au moins ce n'est pas loin. Et Pif il faut maintenant payer une taxe de port. Trente deux dollars US. C'est moins rigolo. Cette mascarade des clearances commence à me courir sur le haricot. D'autant plus que j'imagine mal ces zélés douaniers avides de films et de poulets curry sauter dans une vedette rapide pour m'arraisonner dans une crique déserte. Mais mefiat.
Dehors c'est étrange. le bureau des douanes est situé au bout du quai où accostent les gros bateaux de croisière. Les magasins duty free s'étendent sur trois pâtés de maisons multicolores. Tous semblables, tous fermés parce qu'il n'y a pas de bateau à quai. Ville fantôme, décor de cinéma.
Je récupère ma troupe pour visiter la ville. C'est dimanche et c'est très calme. Je discute avec un sympathique st kittsien, lui demande l'adresse d'un cyber café. Il nous invite à entrer chez lui. C'est à dire dans son salon de coiffure. Il vient de République Dominicaine, fait aussi bar en même temps que coiffeur. Sept jours sur sept. Nous voici donc Geeks chez le barbier. Il est tellement sympa que je m'en fais couper les cheveux. D'après les enfants, je ressemble maintenant à Goddefroy de Montmirail ! Aucun d'eux n'a voulu passer après moi.
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Saint Kitt's barber shop
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| Godefroy de Montmirail (Les visiteurs) |
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| Les geeks chez le coiffeur |