C'est paradoxal de naviguer à la voile
et d'être autant ennuyés par des problèmes de moteur. Mais c'est
comme ça ma brave dame. D'abord le moteur est nécessaire pour les
approches, dans les ports ou dans les criques exigues. Et puis il est
indispensable pour produire de l'électricité. ET de l'électricité,
sur les bateaux « modernes », on en consomme de plus en
plus. Je crois que Marius est en train de préparer un message sur ce
thème. Certes c'est dans l'absolu possible de s'en passer. Le
navigateur Bernard MOITESSIER faisait passer ses messages en envoyant
ses lettres sur le pont des cargos à l'aide d'un lance-pierres. Nous
on tape sur un clavier ; c'est plus rapide mais ça consomme !
Bref l'escale à St Martin a été
marquée par ce problème de moteur, non réglé.
L'homme qui a vu l'homme qui a vu...
Depuis Barbuda, j'avais contacté
Stephane qui habite ST Martin depuis 10 ans. Il m'a mis en relation
avec Pierre de PYC (Private yacht charter). Je fais de la pub, il a
été très sympa.
Pour lui, pas de problèmes, il a déjà
résolu ce genre de problème. Espoir.
Le lundi 6 mai, amarrés à Oystre
Point, nous récupérons bidons, pompe, mode d'emploi, louons une
voiture, partons dévaliser les magasins de marine en filtres,
dégraissants, pompe,aspirateurs...
Retour à la vie réelle, les
bouchons, la saleté et la pauvreté de ce qui n'est pas en front de
mer, à ST Martin. En sortant de Budget marine, conversation avec un
mécano, vieux routard des chantiers. L'intérêt d'avoir une
bactérie dans son réservoir, c'est que c'est un sujet de
conversation inépuisable, en particulier sur les pontons. Mieux que
la météo. Pour lui, on ne s'en sortira jamais ! Et il en a vu
des réservoirs infectés ! Il faudrait pendre le batau quille
en l'air et tout passer à l'acétone. Avec un aspirateur ? Il
nous promet le Nervous break down. Bon, on se dit qu'on préfère le
point de vue de Pierre.
Retour au bateau. Après une journée à
quai, les enfants n'en peuvent déjà plus. On décide d'éviter le
nervous break down et on part pour la baie orientale. Jolis
mouillages à la caye verte puis à l'ilet Pinel ; visite chez
Stéphane et Isabelle, super accueil ; les enfants passent
l'apres midi dans la piscine. La mer à 28 va leur paraître un peu
froide.
Fini de rire, mercredi 8 mai fin
d'après midi, le moment me paraît propice pour entamer les grandes
manoeuvres. En cas de marée noire accidentelle, cela fera moins de
vague dans la marina désertée durant le pont de l'ascension.
Jusqu'à 1 h du matin, Pat en
assistante dévouée, les enfants en soutien puis couchés, nous
vidangeons le diesel. Odorats sensibles s'abstenir. Rien ne se passe
évidemment comme prévu mais ça se passe. Les bidons s'entassent
sur le quai. Trois gallons de dégraissant dans le réservoir et au
dodo. Le lendemain vidange du bas du réservoir et de ses boues
gluantes, aspiration, relavage, reaspiration. Il faut encore se
débarrasser du diesel. Cela intéresse Ben le Chinois, indiqué par
le gars de la sécu. Quarante litres de diesel propre et ça repart
au 1/4 de tour. Ouf !!
Trop tard pour larguer les amarres. Fin
d'après midi à la plage, côté Hollandais puisque nous sommes
juste sur la frontière.
Vendredi 10 mai, nous rendons les
bidons à Pierre, sa pompe, lui faisons cadeau d'un aspirateur
Karcher presque neuf et vogue jusqu'à Philipsburgh, la capitale
hollandaise. Gros temps pour sortir d'Oyster Point, slalom entre les
bancs de coraux au milieu des déferlantes. La grand voile est hissée
à deux ris, le gênois prêt à être déroulé. Nous serons
manoeuvrants rapidement si le moteur cale. Je n'ai pas encore tout à
fait confiance mais tout se passe bien.
La baie de Philipsburgh est beaucoup
plus calme. Les fonds de sable remontent, nous nous approchons
doucement lorsque le moteur cale. Mouillage à la volée. Démontage ;
je n'y comprends rien, le diesel n'arrive pas aux injecteurs. Il me
faudra un moment pour découvrir ...la boue gluante noire qui bouche
le robinet d'arrivée à la sortie du réservoir. Désespoir.
A posteriori, je pense que le réservoir
est compartimenté à sa base. Je n'y ai accès que par le bouchon de
remplissage et je n'ai du en nettoyer qu'une petite partie.
Entre les mouillages de Philibsburgh
puis de Marigot, je fais des sauts dans les shipshandler pour acheter
tuyaux et vanne. Mon but est de pouvoir brancher rapidement une
nourrice sur le circuit diesel en cas de panne au mauvais moment. Je
vous passe les fuites au niveau des raccords ou filtre (là c'est de
ma faute, j'apprends petit à petit). Dimanche, nous passons une
agréable journée à grand case avec Stéphane et Isabelle ;
repas dans un lolo, typique de grand case et après midi de wake
board.
Retour à Marigot pour avitaillement et
achat de raccords (un grand classique)
Départ pour Anguilla encore différé
au mardi ; un electonicoinformaticien doit passer au bateau pour
essayer de faire fonctionner l'AIS : système qui nous permet de
repérer les bateaux alentours et d'être repérés. Peine perdue.
Départ sur Anguilla à la voile par
bon vent arrière. Moteur fonctionnant au ralenti en générateur.
Cale au bout d'une heure.C'est Patricia qui descend dans la cale
déboucher les tuyaux. Nous commençons à être rodés. En moins
d'une heure, ça repart.
Je contacte par tel puis mail un mécano
de St Martin pour faire réaliser une trappe dans le réservoir pour
le nettoyer correctement. Cela paraît très compliqué.
Nuit à Sandy Island puis clearance
d'entrée à Rode Bay ; où l'on apprend que dormir à Sandy,
parc national, aurait pu nous couter 50000 dollars ou 6 mois
d'emprisonnement. Ils ne rigolent pas les Anguillais !
Aujourd'hui 17 mai, départ pour
Prickly pears, puis demain pour les îles vierges. Et essai de la
nourrice de secours.